CLAUDIUS CHERVIN dia jp 2011

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CLAUDIUS CHERVIN FONDATEUR DE L’INSTITUT DES BEGUES JOURNEES EUROPEENNES DU PATRIMOINE 2011 Média-TICS Bourg de Thizy présente Clic pour changer de page

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Claude Marie CHERVIN, (grand-père)MARCHAND. Marié le 15 janvier 1793, Bourg de Thizy, 69,Rhône,Rhône-Alpes,France, avec Gabrielle VERRIERE, décédée avant 1821, dont Claudius, (son père) né en 1795, décédé, blanchisseur. marié le 10 janvier 1821, Gleizé,69,Rhône,Rhône-Alpes,France avec Catherine MARION, dont 4 enfants: 1)Jeanne, Claudine, Sézarine, née le 5 juin 1821, Bourg de Thizy,69,Rhône,Rhône-Alpes,France. 2) Claudius, né le 3 août 1824, Bourg de Thizy,69,Rhône,Rhône-Alpes,France, décédé le 23 décembre 1896, Paris 16,75,Paris,Île de France,France (à l'âge de 72 ans), Pédagogue, Fondateur de l'Institut des bègues. Marié le 12 février 1849, Simard,72,Saône et Loire,Bourgogne,France, avec Louise, Félicie PETIOT, née le 18 juillet 1829, Simard,72,Saône et Loire,Bourgogne,France, décédée le 10 novembre 1869, Paris 16,75,Paris,Île de France,France (à l'âge de 40 ans), dont Claudius, Félix, Arthur, (son fils) né le 30 avril 1850, Paris 16,75,Paris,Île de France,France, Pédagogue. marié avec Louise, Suzanne, Henriette GUYONNET, 3) Jean, Victor, né le 10 février 1830, Bourg de Thizy,69,Rhône,Rhône-Alpes,France, 4) Amédée, né en 1847, décédé en 1930 (à l'âge de 83 ans), pédagogue. GENEALOGIE DE CLAUDIUS CHERVIN

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UN ENFANT DE BOURG DE THIZY

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Il décède à Paris à l’age de 72 ans

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Extrait de l’ouvrage « CLAUDIUS CHERVIN AINE » d’Aimé Vingtrinier Un modeste instituteur primaire, ayant connu toutes les détresses, souffert de toutes les privations, surtout de l’ignorance dont, à force de volonté et de courage, il avait fini par se débarrasser, rencontra, un jour, un pauvre enfant, privé de tout, comme lui-même jadis l’avait été, mais, de plus, affligé d’une de ces infirmités qui vous ferment toutes les carrières. L’enfant était bègue ; sa langue était embarrassée et chaque parole qu’il essayait de prononcer ne lui attirait que les railleries de ses camarades, écoliers sans compassion, et sans pitié, comme ils le sont par tout pays. L’instituteur fut ému ; il s’attacha au petit martyr ; le protégea, l’encouragea et se demanda si on ne pourrait pas le soulager ? Il essaya. Mais que d’efforts et de dévouements ne fallut-il pas au maitre ? Que de soumission et de confiance ne fallut-il pas à l’enfant ? Car, savait-on où on allait ? Le bégaiement avait-il été jamais guéri ? Avait-on des méthodes, un système pour combattre cette infirmité ? L’instituteur n’en savait rien ; il ne connaissait rien ; et cependant, rien ne l’arrêta. Il se voua énergiquement à son œuvre ; sacrifia son temps, sa peine, ses loisirs ; inventa, créa et réussit.

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C’est à Bourg de Thizy qu’est né, le 3 Août 1824, Claudius Chervin, d’une famille ancienne et considérée. Le père de celui-ci était dans le commerce, comme tous ses parents. Il possédait une blanchisserie pour les tissus de coton et jouissait d’une large et honnête aisance, quand une catastrophe terrible s’abattit sur lui. La découverte de Berthollet pénétra dans la montagne et y jeta le désarroi. Le blanchiment par le chlore remplaça partout le blanchiment sur le pré. Vers 1830, une blanchisserie, d’après les systèmes nouveaux, s’étant fondée à Chauffailles, avec de grands capitaux, elle attira toute la clientèle de la contrée et les partisans de l’ancien système se virent perdus. L’étendage sur le pré avait du bon ; il offrait d’excellents résultats ; mais, il exigeait un temps long, une main d’œuvre énorme et obligeait l’industriel à posséder d’immenses terrains autour de sa demeure. La blanchisserie Chervin ne put résister ; malgré les économies, les efforts, elle succomba dans la lutte et, dans sa chute, entraina la ruine de toute la famille. Ce fut une profonde tristesse dans le pays. M. Chervin père s’expatria. Il se rendit à Villefranche et eut le courage d’entrer contremaitre dans une usine. Il ne voyait que ce moyen de gagner le pain de ses nombreux enfants. Claudius, l’ainé, qui avait douze ans, le suivit et fut admis comme apprenti dans la même maison. C’était une consolation de travailler l’un près de l’autre. Mais, que donnait-on à l’enfant ? Quelques sous pour des journées de treize heures.

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La famille de l’honnête contremaitre habitait la place du Collège ; ce fut ce qui sauva le petit Claudius. A côté d’eux, s’élevaient les bâtiments de l’ Ecole normale primaire d’instituteurs. Le pauvre enfant savait à peine écrire, mais il était intelligent et courageux. Il roda si bien autour du sanctuaire qu’une petite porte s’ouvrit, un jour, pour lui. Le directeur l’aperçut, le remarqua, l’appela et, d’une conversation première conclut que, dans ce petit apprenti inculte, il y avait un sujet de premier ordre, un homme d’avenir. Sûr de ne pas se tromper, le Directeur demanda résolument à M. Chervin le père s’il voudrait lui confier son fils pour en faire un instituteur ? Les bonnes relations que le père et le fils s’étaient créées dans la ville facilitèrent l’obtention d’une bourse et, en 1840, l’heureux élève entra, le cœur joyeux, dans cette Ecole normale, objet de ses rêves, où il ne tarda pas à se distinguer. Bientôt placé parmi les plus travailleurs, il y obtint tous les succès. Aimé de ses camarades pour l’amabilité de son caractère, et de ses chefs pour ses efforts, il en sortit, au bout de quatre années, avec une réputation telle qu’il ouvrit à trois de ses frères les portes bienheureuses de l’enseignement. Trois de ses jeunes frères le remplacèrent et se distinguèrent dans la carrière où avait brillé leur ainé. A sa sortie de Villefranche, Claudius fut nommé, le 1er juin 1844, instituteur communal dans le joli village d’Albigny, sur les bords de la Saône.

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C’est du château d’Albigny que devait partir l’immense notoriété du professeur ; c’est dans cette humble classe de petits paysans que devait naître un système dont l’application devait donner tant de soldats à la France, tant d’ouvriers à l’industrie, tant d’hommes utiles à la société. Le bégaiement qui avait, depuis le commencement du monde, entravé tant de carrières, arrêté le développement ou l’emploi de tant de brillantes intelligences, allait être, pour la première fois, combattu avec avantage, perdre ses funestes facultés et disparaitre, grâce à l’énergique volonté d’un maitre d’école de village, à un esprit d’investigation de premier ordre, à un dévouement, une philanthropie qu’aucun obstacle n’allait pouvoir arrêter. Parmi ses élèves, Claudius Chervin, devenu plus que jamais Chervin l’ainé, depuis qu’il avait trois frères dans l’enseignement, Chervin l’ainé avait un jeune élève affligé d’un bégaiement des plus fâcheux. L’écolier était docile, appliqué, plein de zèle et d’ardeur ; mais à quoi servaient ses excellentes qualités, puisque la langue refusait de faire connaitre les pensées et que la parole ; pour être émise, demandait des efforts surhumains qui, le plus souvent, n’aboutissaient à rien de clair et de précis ? Troublé des rires de ses camarades, éperdu de ne pouvoir se faire comprendre, découragé devant son triste avenir, l’enfant dépérissait. Chervin s’en émut et son cœur compatissait se demanda si on ne pourrait pas secourir le petit malheureux ? Cette idée le troublait, le faisait rêver et, à lui aussi, donnait les plus noirs soucis.

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Il s’en ouvrit à un ami. Cet ami vénéré, ce guide bienveillant était le vieux docteur Duplat, délégué cantonal, médecin d’Albigny, praticien consommé, aussi honnête que savant et adoré dans le pays. Dès l’arrivée du professeur, il avait lu son homme sur la figure, suivant l’expression imagée de Desbarrolles, et avait été charmé de la droiture, de la bienveillance, de l’intelligence qu’il y avait découverte. A l’œuvre, il eut bien vite vu qu’il ne s’était pas trompé. Les élèves s’étaient donnés à leur maitre et les habitants du village avaient fait comme leurs enfants. L’instituteur demanda au savant si on ne pourrait pas adoucir, sinon corriger l’infirmité du petit écolier ? Il y revint à plusieurs reprises ; mais, pour l’honneur de la science, l’oracle ne répondait pas ou répondait peu. « -- Je sais bien, lui dit un jour le vieillard, que des chirurgiens, tant en France qu’à l’étranger, ont essayé, il y a quelques années, de guérir le bégaiement au moyens d’opérations plus ou moins ingénieuses. Toutes leurs tentatives ont été vaines et sont aujourd’hui complètement abandonnées. « Des médecins et même des professeurs aussi entêtés que vous, ont poursuivi le même but par des procédés gymnastiques. Ils ont ressuscité le moyen si connu de Démosthène et mis des cailloux dans la bouche de leurs patients. Qu’ont-ils obtenu ? Rien. Que n’a-t-on pas fait ?

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On a essayé mille autres manières, mille autres engins. Le succès de l’orthopédie était là ; ne pouvait-on pas suivre le même système d’éducation ? Les médecins échouèrent comme les chirurgiens, et eux aussi abandonnèrent la partie. Croyez-vous être plus heureux ? « Faites comme eux, mon cher ami, et renoncez à un espoir qui ne se réalisera pas. Pendant deux ans, les essais se succédèrent, sans décourager le professeur. Il se sentait sur la voie et ne demandait qu’à persévérer. Il entrevoyait quelque chose, vaguement peut-être, mais le système prenait corps. Déjà il était arrivé à sensiblement améliorer la prononciation de l’enfant ; déjà il recevait les félicitations du docteur, lorsque, le 1er janvier 1847, il fut nommé instituteur communal à Lyon. Il embrassa tendrement l’enfant qui lui avait coûté tant de sollicitudes et d’efforts. Il lui donna des conseils qui devaient achever sa guérison et, non sans avoir le cœur serré, il partit. Le hasard voulut qu’il y eût un bègue, dans la nouvelle école, comme là-bas. Ce fut pour le professeur une consolation et une joie. Il allait pouvoir appliquer sa méthode et perfectionner ses essais. Il se mit aussitôt à l’œuvre et, cette fois, il eut le bonheur de réussir parfaitement. Sans prévenir quel danger il allait courir, M. Chervin se remit aux expériences, avec une ardeur qui tenait de la passion.

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Il voulait créer une règle, une méthode ; établir des principes et ne rien laisser au hasard, dans son merveilleux enseignement. Pour être à la hauteur de cette nouvelle tâche, M. Chervin résuma sa doctrine. Il créa de toutes pièces une méthode simple et pratique et, à l’application, il obtint la conviction qu’il pouvait désormais, en quelques jours, faire disparaitre toute trace de bégaiement. Cette immense labeur, neuf en tous points et sans précédents, fut couronné du plus entier succès. Les élèves accoururent et la renommée du professeur se répandit dans toute la ville de Lyon. Elle parvint aux oreilles du docteur Amédée Bonnet, le célèbre chirurgien, dont la haute intelligence et la sagacité n’étaient jamais restées étrangères à rien de ce qui pouvait intéresser l’humanité. Lui-même, en 1841, avait essayé de combattre le bégaiement, au moyen d’une opération qui consistait dans la section sous-cutanée des génioglosses, au niveau des apophyses génies et il avait complètement échoué. Trop fier pour être jaloux, trop grand pour ne pas admettre le génie chez les autres, il voulut se rendre compte personnellement de la méthode nouvelle. Il se rendit chez le jeune professeur, le vit, fut satisfait, admit sa supériorité et lui confia aussitôt deux sujets soigneusement choisis.

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M. Chervin les guérit et M. Bonnet le remercia par le billet suivant : « -Je soussigné, professeur à l’Ecole de médecine de Lyon, certifie avoir adressé deux bègues à M. Chervin. Ces bègues, âgés l’un de douze ans, l’autre de vingt-cinq, ont été complètement guéris en dix jours de traitement. » Le 2 octobre 1858, un arrêté de M. le préfet du Rhône, rendu sur les propositions de M. Vivien, inspecteur d’Académie, désigna M. Chervin pour une délicate et importante mission. Un autre novateur, M. le docteur Blanchet, médecin chef de l’institution des sourds-muets de Paris, avait inauguré une nouvelle méthode d’enseignement pour les infortunés confiés à ses soins. Il s’agissait d’aller à Paris étudier ce système et l’appliquer en province, s’il réalisait les avantages qu’on lui attribuait. Le but de M. Blanchet, approuvé par le gouvernement, était d’ouvrir les portes de l’Ecole primaire aux malheureux sourds-muets trop délaissés, et par là, rendre leur éducation plus facile, plus pratique, par le contact journalier avec les entendants-parlants. Mais, pour cela, il fallait commencer par les instituteurs et les mettre au courant des particularités du nouvel enseignement.

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En 1867, M. Chervin, avec le concours et l’appui du ministre de l’Instruction publique, fondait l’Institution des Bègues, à Paris. Avant un an, la maison avait reçu près de 100 élèves ; les difficultés de toutes sortes avaient disparu ; la situation financière était parfaite ; la réussite avait dépassé tous les espoirs. Pouvait-il en être autrement ? L’habitation offrait des charmes séduisants. On était dans la ville, quoique en dehors du bruit ; dans le quartier le plus sain et le plus aéré de Paris ; à deux pas de l’Arc de l’Etoile ; à quelques minutes à peine du Trocadéro à la vue immense, et du Bois de Boulogne si fréquenté ; dans une famille intelligente, simple, unie, sympathique, avec un personnel d’élite et un professeur qui ne connaissait ni échec, ni revers. D’un autre côté, l’infatigable M. Chervin, chaque jour plus sûr et plus expérimenté, améliorait, perfectionnait sa méthode ; voyait, comparait, trouvait ; ce qui lui permit bientôt de passer de l’enseignement individuel à l’enseignement collectif, qui lui donna les mêmes heureux résultats. Ouvrant des cours, il put traiter, dorénavant, une dizaine de bègues à la fois et dans le même délai de vingt jours. Ce temps si bref lui suffisait complètement. Aussi, tout en faisant de nombreux enseignements à Paris, M. Chervin retournait-il chaque année à Lyon, pour continuer les leçons que la ville et le département y avaient fondées.

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Marseille voulut suivre l’exemple et son conseil municipal vota une subvention qui permit au professeur de créer dans cette ville une succursale qui obtint tous les succès. Mais après tant de labeurs, ce corps fier et robuste avait besoin de repos. Pourquoi se priver d’une tranquillité si vaillamment gagnée ? Sans se retirer, sans abdiquer, toujours le chef, quelques années plus tard, M. Chervin ainé fit venir et s’adjoignit un de ses frères, M. Amédée Chervin, et l’on vit alors, spectacle touchant, les trois Chervin, unis par la science et par le cœur, redoubler d’activité pour être utiles, soulager et guérir, en portant leur enseignement à la hauteur de toutes les exigences. Mais l’âge de la retraite sonna ; parvenu à tout ce qu’il avait pu rêver et bien plus haut encore, M. Chervin céda, en 1878, la Direction active de l’Institution de Paris à son fils, M. le docteur Arthur et à son frère, M. Amédée Chervin. Cependant, devenu libre, l’illustre inventeur ne crut pas devoir rester inutile et, soldat volontaire, il n’en continua pas moins le combat. Cette retraite, après quarante années d’apostolat, n’a changé en rien la marche habituelle de la maison. M. Chervin ainé est toujours là, veillant à tout, surveillant tout et faisant profiter ses successeurs de son expérience et de sa sagacité, ainsi que des forces et de l’énergie que les ans n’ont pu lui ôter.

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INAUGURATION DU MONUMENT DEDIE A CLAUDIUS CHERVIN Bourg-de-Thizy, le 14 Mai 1899   Bourg-de-Thizy s’est surpassé. La décoration de la petite ville est merveilleuse. Ce ne sont que trophées, guirlandes, arcs de triomphe, depuis la gare jusqu’au sommet du mamelon. La foule est énorme. Les sociétés musicales s’entassent, se croisent, donnent des aubades à chaque carrefour. Ce sont : les fanfares de Cours, de Régny, de Tarare, des touristes de Tarare, de Thizy, de Mardore, de Bourg-de-Thizy, l’Union Fraternelle de Fourneaux, l’Echo de la Montagne de Grandris, l’Union Musicale de Lamure, l’Estudiantina de Thizy, la Lyre thizienne, l’Union chorale de Thizy, l’Union musicale des travailleurs, les enfants de la Vallée de St Vincent. Puis voici les sociétés de gymnastiques : les Fifres roannais, les enfants de la Loire, de Roanne, l’Etincelle d’Amplepuis, l’espérance de Cours, la Joyeuse de Régny, la montagnarde de St Vincent-de-Rheins, la gymnastique de Thizy, les trompettes de l’espérance de Villefranche, les enfants de Trambouze de Bourg-de-Thizy. Pourquoi faut-il que seul le soleil manque à la fête et permette aux ondées d’incommoder parfois les visiteurs de Bourg-de-Thizy ! A midi, le train qui amène le monde officiel entre en gare. Le maire de Bourg-de-Thizy, M Martin ; le conseiller général, maire de Thizy, M Moncorgé, qu’un deuil cruel retiendra loin de la fête ; les conseillers municipaux des deux communes sœurs, la famille Chervin, les membres des divers comités sont sur le quai de la gare, toute pavoisée de drapeaux et de guirlandes. La fanfare de Bourg-de-Thizy joue la Marseillaise ; la société de gymnastique rend les honneurs et bientôt arrivent : M Petit, représentant M le ministre de l’instruction publique, et toutes les autorités que nous retrouverons au banquet.

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LE BANQUET Le banquet admirablement servi par M Gelay , réunit près de 200 convives dans la belle salle du cercle des études sociales. Au fond, la scène d’un théâtre minuscule sur laquelle l’Estudiantina de Thizy, une toute jeune société, pleine d’avenir, conduite avec un rare talent par M Chevrot, 1er prix du conservatoire de Dijon, nous charmera pendant tout le dîner ; puis on aperçoit les portraits de MM. Poizat et Coquard, son gendre, deux bienfaiteurs de Bourg-de-Thizy. De grands vélums aux couleurs de la France entourent toute la salle. Autour de nous voici : M. A. Martin, l’aimable et dévoué maire de Bourg-de-Thizy, ayant près de lui Mme Arthur Chervin, femme du jeune docteur, directeur de l’Institution des Bègues de paris, belle-fille de claudius Chervin ; M.Amédée Chervin ; M.Petit, inspecteur général de l’enseignement primaire, délégué de l’instruction publique ;M. Balland, sous-préfet de Villefranche ; Mme et M Aimé Vingtrinier, président du comité du monument ; M Leprun, inspecteur primaire ; M.Soldi, statuaire ; MM.Laffilée, architecte ; Mommessin et Nony, entrepreneurs du monument ; M. Duffieux, président de la commission de la fête ; MM. Perrier, Hiasse, Duffey, Mazille, Alexandre Cherpin, membres de cette commission ;

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MM. Franche, Cherpin, Gontard, membres du comité du monument ; MM. Les Maires du canton ; M. Firmery, adjoint au maire de Lyon et son représentant ; MM.les conseillers municipaux de Lyon ; Rossignol et Arnoud, ce dernier ancien élève de claudius Chervin ; M. Chavanis, conseiller d’arrondissement ; M. Rollin, maire de St Vincent-de-Rheins ; les deux délégués de la Société de secours mutuels des instituteurs du Rhône ; MM.Chabanon et Anjou ; MM.Jugné, Lepin, instituteurs de Bourg-de-Thizy ; M. Milliet, juge au tribunal de commerce de Lyon ; et M. Deshaires, tous deux délégués par les vieux élèves de 50 ans de Claudiues Chervin ; MM.Pierre Dupuis et Auguste Perrin, adjoints de Thizy ; près de 20 médaillés de la médaille des travailleurs de Bourg-de-Thizy ; enfin les représentants de la famille Chervin qui se multiplient pour recevoir les invités ; M. Amédée Chervin, frère de Claudius Chervin, M. le docteur Arthur Chervin, fils du fondateur de l’institution nationale des Bègues, à qui nous ne saurions adresser de trop vifs remerciements, pour l’accueil si flatteur réservé spécialement au représentant de l’Express.  

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LA STATUE Le buste de Claudius Chervin se dresse sur la place de l’église, au croisement de la rue Neuve, sur un socle de granit blanc. Le vieil instituteur, le créateur de l’Institution des Bègues vit bien sur ce piédestal. C’est bien cette figure ouverte, bonne, réfléchie qu’encadre une belle barbe, le front large, les yeux rêveurs, tout ce qui caractérise le penseur, le philanthrope, le savant. Diverses inscriptions rappellent, sur le socle, la vie de Chervin, sa date de naissance, celle de sa mort, les services qu’il a rendus au pays et dont Bourg-de-Thizy est fier. Le monument est du à M. Soldi, statuaire, prix de Rome, chevalier de légion d’honnneur ; à M. Laffilée, architecte, tous deux de Paris ; MM. Mommessin et Nony, entrepreneurs à Thizy.

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BIBLIOGRAPHIE Extraits deExBeaujolais-Forez-Dombes de Henri Billet Liste approximative des ouvrages qu’on doit à l’activité de CL. Chervin : (A.Vingtrinier)  Méthode expéditive de lecture Petit livre de lecture. Nouvelles historiettes faisant suite à toutes les méthodes de lecture. Famille, Patrie, Dieu. Premières leçons de l’enfance. Leçons de civilités données par une mère Premières leçons de l’école primaire. Exercices de lecture, d’écriture, d’orthographe et de lecture Grammaire. Guide de l’élève dans l’étude de la langue française. Arithmétique. Un volume pour l’élève et un volume pour le maître. Ouvrage adopté par la société d’instruction primaire du Rhône. Exercices de lecture à haute voix et de récitation. Divisions élémentaires. Elèves de 8 à 12 ans. Abrégé des divisions élémentaires. Principes de lecture à haute voix, de récitations, de conversation et d’improvisation. Divisions supérieures. Elèves de 12 à 15 ans. Exercices de lecture à haute voix, de récitations, de conversation et de conversation. Résumé des principes et des exercices de lecture à haute voix, de récitation, de conversation et d’improvisation( résumé des 3 volumes précédents) Notions générales de diction Comptabilité morale. Carnets de bons et de mauvais points. Nouveau système d’émulation. Orphéon des écoles .Principes de musique : solfèges et chœurs. Mes récréations. Poésies diverses. La muse des familles. Recueil bimensuel de poésies inédites, 1857-1861,in-8. Les enfants. Recueil de poésies se composant de scènes, dialogues, contes, spécialement consacrés à l’enfance. Le premier livre des sourds et muets élevés dans l’Asile et dans l’Ecole primaire. Les bienfaiteurs des Sourds-muets. Mémoire lu au congrès scientifique de France, tenu à St Etienne en 1862 . L’Asile et l’Ecole ouverte aux Sourds-Muets par la méthode de M. le Dr Blanchet. Mémoire lu à la Sorbonne dans les réunions des Sociétés savantes, en 1864. Statistique décennale des Bègues en France. Mémoire lu à la Sorbonne, dans la réunion des sociétés savantes en 1865. Du bégaiement comme vice de prononciation. Mémoire lu à la Sorbonne, dans la réunion des sociétés savantes en 1966. Rapport à Son Excellence M. le Ministre de l’instruction publique, sur l’institution des Bègues de Paris en 1867. Statistique du bégaiement en France, d’après le nombre de conscrits exemptés du service militaire, de 1850 à 1869. Ce travail considérable, entrepris sur l’ordre de M le Ministre de l’instruction publique, a valu à son auteur les palmes d’Officier de l’Instruction publique en 1878. Méthode Chervin, extrait de différents rapports officiels.

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LE BEGAIEMENT, UNE VRAIE SOUFFRANCE "Il faut être deux pour bégayer, le bégaiement est un trouble de la communication, et non de la parole", disent les orthophonistes. De fait, une personne qui bégaie ne va pas bégayer quand elle chante et au théâtre certains acteurs, dans la peau d'un autre, ne bégaient plus. Le problème peut avoir des origines diverses, difficiles à cerner : génétique parfois, ou conséquence d'un événement (naissance d'un autre enfant, séparation des parents)... Des facteurs physiques ou psychiques peuvent le favoriser, de même que des situations particulières, comme dans le film la méchanceté de la nounou, la jalousie du frère. Le bégaiement est multiforme. Il y a des gens "qui ne bégaieront jamais devant vous, car ils ont développé des stratégies pour éviter des mots, des situations, des personnes : on appelle ça un bégaiement masqué", explique Anne-Marie Simon, orthophoniste spécialisée, une des fondatrices de Parole-bégaiement qui compte 800 membres. Comme le montre le "discours d'un roi", le bégaiement, "ce n'est pas seulement achopper sur des mots, c'est toute une atteinte à l'image de soi", dit-elle. Le traitement est donc forcément global : il faut "enlever un à un les parpaings" derrière lesquels la personne s'est enfermée. Les mots se bousculent dans la bouche, ils n'arrivent pas à sortir, l'interlocuteur sourit en coin ou s'impatiente : le bégaiement, au coeur du film "Le discours d'un roi", de Tom Hooper, est une vraie souffrance. On estime que 1% de la population (600.000 personnes en France) souffre de bégaiement. Ce sont des garçons dans 3 cas sur 4, et le trouble apparaît dans 95% des cas avant 7 ans.

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Le Dr Mireille Gayraud-Andel, psychologue et orthophoniste, reçoit des patients de tous âges. Un jour, raconte-t-elle, un monsieur de plus de 80 ans est venu "parce qu'il ne pouvait pas raconter des histoires drôles dans sa maison de retraite". "Je lui ai donné quelques trucs", dit-elle. Un autre, retraité de 68 ans, "avait une grande honte de son bégaiement", et "ça lui manquait de ne pas pouvoir parler à ses fils" alors qu'il ne travaillait plus. La thérapie est à la carte : aide psychothérapeutique, rééducation, relaxation, respirations... Pour les enfants (4% des moins de 5 ans bégaient), le rôle des parents est déterminant. Sur quatre enfants bègues, un seul le restera après l'adolescence. Pour les plus grands, après les séances avec l'orthophoniste, il y a les groupes "de self help", juste entre soi, où les bègues sortent de leur solitude, se sentent à l'aise pour s'exprimer et peuvent échanger sur leurs expériences. "Ils deviennent alors acteurs de leur évolution", note le Dr Gayraud-Andel. Anne-Marie Simon est allée voir le film avec des ex-patients. "Ils l'ont trouvé remarquable parce qu'il n'y a pas de compassion, pas de ridicule, dit-elle. Le respect est constant, le sentiment de dignité est toujours préservé".

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Ce film évoque George VI, roi d’Angleterre. Le père d'Elizabeth II, est loin d'être un cas rare. On cite nombre d'acteurs tels que Marilyn Monroe, Louis Jouvet ou Julia Roberts, des rois et des princes comme Albert II de Monaco, des hommes politiques comme François Bayrou et Georges Clemenceau, et aussi Winston Churchill qui évoque dans le film son "défaut de langage". Albert Einstein Anthony Quinn (1915-2001), réalisateur, producteur et acteur américain Anthony Quinn (Réalisateur, producteur et acteur américain) Aristote (Philosophe) Ben Johnson Boris Becker (Tennisman) Bruce Willis Charles Darwin Charles Ier Démosthènes Gérard Depardieu (Acteur français) Isaac Newton John Scatman (Chanteur) Lewis Carroll Louis II "Le Begue" Louis XIII le Juste Moïse Molière, Jean-Baptiste Poquelin dit, (1622-1673), auteur dramatique et comédien français Napoléon 1er Napoléon 1er (1769-1821), empereur des Français Nicolas Brendon (Acteur américain) Theodore Roosevelt Tiger Woods (Golfeur) Virgile

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Le bégaiement aujourd’hui Le bégaiement est plus qu'un simple trouble du langage. C'est aussi un trouble de la communication et du comportement qui affecte toute la personnalité et nécessite une approche globale. Il est souvent difficile à gérer pour ceux qui en souffre, peut leur faire perdre tous leurs moyens et entraîne chez la personne des sentiments négatifs de honte, de culpabilité, d'embarras etc. Et malheureusement, il n’y a pas de pilule magique pour en venir à bout, mais quelques solutions existent tout de même. Le bégaiement Le bégaiement est en réalité un phénomène extrêmement complexe impliquant bien plus que la simple répétition des sons, le prolongement de syllabes et autres anomalies de la parole. Le bégaiement affecte toute la personne et peut être décrit plus exactement comme la combinaison de troubles de la parole, de la communication et du comportement. D'apparition brutale ou progressive, le bégaiement est différent des troubles articulatoires ou phonologiques et traduit un effort de production de la parole. Ces accidents dans le déroulement de la parole peuvent s'accompagner de spasmes respiratoires, mouvements involontaires du visage ou du corps tout entier. La gravité du bégaiement n'est pas proportionnelle à l'importance de ces accidents.

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Deux types de bégaiement Dans le bégaiement, on peut distinguer deux types différents : le bégaiement clonique : répétition plus ou moins prolongée du même phonème, en général le premier mot : « pa,pa,pa,pa, papa m'a donné une glace », le bégaiement tonique, ou blocage de l'émission s'accompagnant de mouvements parasites de la face, des membres, du corps entier, de difficultés respiratoires, de rougeur du visage avec sueurs etc. Des troubles du langage sont parfois associés au bégaiement comme le lapsus, l’emploi de mots impropres, ou une mauvaise syntaxe.   Les causes Les causes du bégaiement restent encore obscures aujourd’hui. Les troubles physiologiques tels que des problèmes neuromusculaires, des causes psychologiques sont aussi évoqués (hyperémotivité, angoisse…) et le facteur génétique semble de plus en plus mis en cause. Chez les jeunes enfants, des facteurs vont favoriser l’apparition du bégaiement comme le retard de parole, un climat familial tendu, de l’anxiété… Et il y a généralement un facteur déclencheur au bégaiement, engendrant du stress chez l’enfant comme l’arrivée d’un petit frère ou d’une soeur, un déménagement…  Le bégaiement est fréquent et banal chez l'enfant de 2 à 3 ans. On commence à s'inquiéter lorsqu'il persiste au-delà de 4 ans.       Ce sont souvent des enfants émotifs, hyper affectifs et il est banal que le bégaiement s'accentue lorsqu'ils sont impressionnés ou énervés. Chez les adultes, le bégaiement peut aussi arriver après un choc psychologique fort.

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Les problèmes pour le bègue Tout d’abord le bègue doit, en plus de son trouble, gérer les moqueries et rires de ses camarades (et vous connaissez les enfants !). Ce qui apporte encore plus d’anxiété. Les bègues ont tendance à éviter le contact visuel avec leurs interlocuteurs (car trop embarrassé par leur trouble, il ne veulent généralement pas voir la réaction de ces derniers), ils ont souvent une respiration irrégulière et essayent de parler avec très peu ou pas d'air dans leurs poumons. Ils évitent parfois l’utilisation de certains mots pouvant les faire bégayer et ponctuent souvent leurs phrases de tout un tas d’expressions pas forcément utiles mais qui leurs permettent de se lancer plus facilement. Parfois, le trouble est tellement mal vécu que certains, pour ne pas bégayer ne parlent plus. Tous ces problèmes de communication font que souvent le bègue a lui-même un sentiment négatif sur son trouble, sur lui-même et ressent de la honte, de la culpabilité et de la frustration. Et là, tout se complique et le bégaiement est beaucoup plus difficile à gérer pour lui-même ou pour son Entourage. Sachez que beaucoup de bègues aimeraient pouvoir parler de leur trouble mais n’osent pas forcément. Alors n’hésitez pas à tendre la perche… Les traitements Chez l’enfant, quand le bégaiement persiste au-delà de 5 ans, il est utile de consulter un orthophoniste pour entreprendre une rééducation. Mais, il faut aussi que chacun utilise tous les moyens possibles pour délivrer l’enfant de son état d’anxiété qui peut être la seule cause de son trouble. La psychothérapie peut être aussi nécessaire si les troubles affectifs associés

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sont importants, que ce soit pour l’enfant ou pour l’adulte d’ailleurs. Pour les adultes, certains peuvent tenter l’auto thérapie en s’accompagnant de livres. La lecture de ces livres, même si elle ne soigne pas forcément à chaque fois, donne une bonne connaissance du bégaiement et sera utile si vous décidez par la suite de consulter un orthophoniste ou si vous suivez un stage intensif de rééducation. L’orthophoniste est souvent aussi un passage obligatoire pour traiter le bégaiement. Non pas qu’il soit efficace à 100%, mais il aide (l’adulte comme les parents d’enfants bègues) à en comprendre plus et à tenter de comprendre les facteurs liés au trouble (environnement familial ou scolaire, événements traumatisants,…). Il existe aussi quelques appareils auditifs qui sont en fait une prothèse capable de réduire, voire d'éliminer le bégaiement grâce à cette oreillette portée en intra-auriculaire ou en contour oreille. Elle permet une réduction significative du bégaiement, voire une élimination complète après familiarisation avec l'appareil. L'appareil électronique enregistre la voix de l’utilisateur à partir d'un micro et renvoie sa voix dans des écouteurs après avoir été retardée d'une fraction de seconde ou modifiée en fréquence. Il aide à parler plus lentement, et à mieux contrôler ses paroles. Bien entendu, ceci ne va pas sans un travail avec l’orthophoniste, et l'effet provoqué ne dure pas lorsque la prothèse est retirée. Des centres spécialisés proposent des stages intensifs de thérapie du bégaiement. Si vous choisissez cette option, il faut que le centre utilise une approche globale traitant chacun des aspects du phénomène. Et surtout, comme le bégaiement ne se soigne pas du jour au lendemain, il vous faudra suivre par la suite des séances chez l’orthophonistes pour continuer le travail entreprit durant ce stage. Le saviez-vous ? 1% de la population est bègue, ce handicap touche quatre hommes pour une femme. Le bégaiement existe aussi bien chez l'enfant que chez l'adulte. Il y a environ 600 000 personnes en France touchées par ce trouble.

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La prononciation à l’époque de Chervin Dans les temps modernes, deux méthodes ont été en concurrence : l'une emploie divers procédés de redressement mécaniques, tandis que l'autre (Dupuytren, Rullier, Voisin, Arnott, Chervin, n'a foi qu'en des moyens éducatifs. Il existe à Paris, avenue Victor Hugo, 82, depuis 1867, un Institut des bègues, subventionné par la ville de Paris. Il a été fondé par M. Chervin aîné, ancien instituteur du Rhône, avec le concours du ministre de l'instruction publique. M. Chervin, à ses débuts dans la carrière de l’enseignement, en 1844, ayant rencontré parmi ses élèves un pauvre enfant bègue, entreprit de le guérir par des exercices méthodiques de langage. Il réussit au delà de ses espérances dans cette difficile entreprise. Il renouvela ses expériences à Paris, et depuis lors, il se consacra entièrement à cette éducation des bègues avec son fils, le Dr Arthur Chervin, qui lui a succédé depuis 1878. Le traitement des bègues par la méthode Chervin ne comporte ni remède pharmaceutique, ni opération chirurgicale, ni l'emploi d'aucun instrument dans la bouche. D'une manière générale, il consiste dans une thérapeutique spéciale basée sur l'étude pratique et détaillée des mécanismes divers qui concourent à la formation de la parole. Le traitement consiste donc dans l'application méthodique et raisonnée d'un grand nombre d'exercices de langage destinés à remédier aux difficultés matérielles et psychiques que rencontrent les bègues soit au commencement des mots ou des phrases, soit dans toute autre circonstance, soit par intermittence, soit dune manière continue.

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La durée du traitement des bègues est de trois semaines. La première semaine est employée à ramener les organes à leur fonctionnement normal, la seconde à contracter un nouveau langage, la troisième à le fortifier. Pendant la durée du traitement, il est indispensable de suspendre toutes les Occupations habituelles, afin de se consacrer uniquement aux mille détails de la cure. Le succès du traitement est toujours certain pour ceux qui sont dociles, attentifs, laborieux, persévérants ; mais ces qualités sont indispensables. L'Institut reçoit des sujets_ des deux sexes et de tous les âges : depuis dix ans jusqu'à soixante. L'âge n'est jamais un obstacle au succès lorsque la volonté, le travail et la confiance ne font pas défaut. La méthode Chervin reposant tout entière sur des exercices pratiques appropriés à l'état constaté chez chaque malade, on ne peut naturellement pas l'employer par correspondance, pas même avec les personnes familiarisées avec l'art oratoire. Le traitement est suivi dans des cours individuels ou des cours collectifs, suivant les cas. « Guérir un bègue, dit l'Académie de médecine en parlant de la méthode Chervin, c'est ramener le calme dans sa pensée et lui apprendre de nouveau à se servir de son instrument vocal ; on parvient naturellement à ce résultat chez l'enfant par la confiance qu'on lui inspire en lisant et récitant avec lui, puis en le laissant lire, réciter et parler seul. On prend, par exemple, les mots papa, maman et quelques petites phrases appropriées à sa jeune intelligence, comme : le papa gronde, la maman pardonne. On lit d'abord lentement : puis on gradue avec discernement la vitesse du débit, et. enfin, on le laisse parler seul sans le soutien du geste et du regard. Après quelques jours d'exercices, l'élève est tout étonné de voir qu'il prononce bien, sans efforts ni répétitions. C'est une habitude qu'il a prise de bien parler en imitant le ton de voix, les nuances, les temps d'arrêt, les reprises du professeur.

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« On prévient le bégaiement et tous les autres défauts de la parole chez les enfants en ne leur faisant tout d'abord entendre que des mots et des phrases prononcés avec netteté et précision, et disant quelque chose à leur intelligence: puis on attendra patiemment qu'il leur vienne le besoin, le désir de parler : alors, on guidera, on aidera leurs premières tentatives, jusqu'à ce qu'elles soient couronnées de succès, et enfin on les habituera à parler lentement, posément, et avec toute la réflexion de leur âge. « La précipitation du langage produit le bredouillement et souvent le bégaiement, comme la nonchalance conduit au balbutiement et à la blésité. » Blésité ou blèsement. — On désigne sous ce nom un défaut de prononciation qui consiste à substituer une consonne à une autre, et le plus souvent une consonne douce à une consonne dure : dâteau pour « gâteau », tousin pour « cousin », etc. On donne encore le nom de blésité à diverses prononciations vicieuses de telle ou telle lettre ; parmi ces défauts, résultats d'une mauvaise habitude contractée par nonchalance ou par imitation, il faut citer le zézaiement, qui consiste à dire zouzou pour «joujou» ; le chuintement, où l'on prononce chon pour « son », ou, réciproquement, ceval pour « cheval » ; la lallation : Palis pour « Paris » ; le sessaiement, qui fait dire zlléro pour « zéro », sllucre pour « sucre », Jllan pour « Jean », chilien pour « chien », ou qui fait prononcer l's et le z comme le th anglais, en introduisant l'extrémité de la langue entre les dents ; et enfin le grasseyement. On donne quelquefois le nom de grasseyement à toutes les prononciations défectueuses de la lettre r, telles que : vive pour « rive », méze pour « mère », bague pour « barre », colbeau pour « corbeau », noui pour nourrir ; mais il ne convient véritablement qu'à la substitution de l'r guttural à l'r palatal. Quand le grasseyement est très accentué, comme chez les Provençaux, il est fort désagréable, parce que les sons de la gorge sont toujours rauques, gras et d'un mauvais effet. Aussi les chanteurs, les orateurs et les comédiens qui grasseyent beaucoup sont-ils fatigants à entendre ; mais lorsqu'il est léger, comme chez les Parisiens, il a, dit-on, quelque chose de séduisant qui a porté certains petits-maîtres à se donner, pour substituer un défaut à une bonne qualité, des peines inouïes qu'ils n'auraient pas prises pour se corriger du plus grand défaut.

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Ces défauts de prononciation se corrigent tous de la même manière, à savoir : étudier le mécanisme de la lettre fautive, l'écouter prononcer correctement, et s'efforcer devant un miroir de la prononcer de même. Voici la progression à suivre dans ces exercices d'articulation : Prendre la position des lèvres et de la langue ; souffler très légèrement d'abord et chercher seulement à imiter le bruit de la consonne étudiée ; souffler ensuite graduellement plus fort pour accentuer ce bruit ; souffler de la même manière, mais en faisant cette fois vibrer les cordes vocales pour produire le son e ; alors le bruit du souffle devient un bruit sonore, une consonne soutenue. Produire ensuite successivement toutes les voyelles en commençant par celles où les positions des lèvres et de la langue se rapprochent le plus des positions de la consonne cherchée, et opérer alors successivement sur chaque voyelle, comme on l'a fait précédemment avec l'e muet. Lire syllabiquement une longue série de mots où la lettre étudiée se trouve d'abord au commencement, puis dans le corps et à la fin des mots ; lire de la même manière des phrases tautogrammes appropriées à la circonstance ; lire couramment dans le premier livre venu, en soulignant légèrement la lettre exercée, par un petit ralentissement de la parole ; enfin lire couramment sans affectation sur aucune lettre. Une condition essentielle de succès, c'est que l'élève gardera un silence absolu jusqu'à ce qu'il ait trouvé la consonne, car autrement la mauvaise habitude combattrait constamment la bonne et annulerait les résultats de la leçon. Prenons pour exemple le grasseyement. Ce défaut peut se corriger par la « méthode du Conservatoire » et par la « méthode de l'Institution des bègues de Paris ». La première, imaginée par Talma et modifiée par Fournier, consiste à remplacer dans les mots la lettre r palatale par deux autres lettres palatales, pour arriver graduellement à faire vibrer le bout de la langue et enfin à prononcer l'articulation correcte r. Cet exercice dure six mois, un an et souvent davantage. La deuxième méthode attaque directement la difficulté ; le professeur place le bout de sa langue près des incisives supérieures, il souffle, comme fl est dit plus haut, et sa langue, s'abaissant pour laisser passer un peu d'air et se relevant aussitôt, trois ou quatre fois de suite, forme une espèce de vibration qui est la véritable prononciation de l'r. L'élève regarde, écoute et essaie cette manoeuvre, qui lui réussit complètement au bout de deux ou trois semaines.

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MONUMENT DE CLAUDIUS CHERVIN A SON EMPLACEMENT INITIAL

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Pour préparer la Journée du Patrimoine de Claudius Chervin, média-TICS a contacté, par l’intermédiaire de Mme Zini-Santoni, orthophoniste, le docteur François Le Huche, spécialiste du bégaiement. Celui-ci nous a fait parvenir les observations suivantes en relation avec Claudius Chervin: Comme je l'ai dit à Catherine Zini Santoni, je possède le petit livre du Dr A.Chervin qui en 1869 fait le point sur la méthode créée par son père  Claudius Chervin, méthode  mise en œuvre dans L'institut des bègues de Paris. Cette méthode constitue probablement un progrès par rapport à ce qui était pratiqué  auparavant, comme la méthode de Colombat basée sur la régulation  syllabique à l'aide du mouvement des doigts (encore prônée de nos jours par certains "rééducateurs"!). Sa méthode était pratiquée au cours d'un stage de trois semaines. Une première semaine d'exercices respiratoires et d'articulation sur imitation du professeur, de voyelles puis de syllabes puis de mots avec un extrême  lenteur, et silence total en dehors des exercices pour oublier le bégaiement.   Une deuxième semaine pour s'entraîner à parler très lentement, en surveillant constamment sa parole. Une troisième pour l'accélérer progressivement et la rendre plus expressive. Après la sortie l'élève devait s'entraîner encore trois heures par jour environ pendant un mois sur les exercices de prononciation appris. Je ne sais pas s'il existe des archives permettant de savoir comment les résultats se maintenaient ou non sur le long terme et comment cette parole lente et contrôlée était vécue par les anciens élèves.  

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Evidemment on a fait quelques progrès depuis, d'abord grâce à une meilleure prise en compte du rythme de la parole avec Madame Borel Maisonny dans les années 50. Puis est venue d'Amérique l'idée que s'orienter vers une articulation parfaite de la parole, n'était pas la priorité, et qu'il était sans doute préférable d'apprivoiser son bégaiement en le rendant tolérable. On est passé en somme de l'idée d'éradication des bégayages à  celle de contrôle qui est actuellement adoptée par le plus grand nombre de rééducateurs sérieux. Une évolution est en cours vers l'idée d’une  restauration plus complète des mécanismes de la parole normale, mécanismes qui ont souffert des efforts faits par la personne bègue pour éviter les bégayages alors que  ceux-ci existent dans la parole normale où ils ont une signification le plus souvent positive dans les échanges de parole. Une idée importante est aussi que normalement (du moins quand on s'implique) la parole s'adapte automatiquement à l'effet qu'elle produit sur l'interlocuteur. La personne bègue occupée à bien parler a tendance à couper le contact avec son interlocuteur . C'est là une notion capitale complètement ignorée du temps de Chervin et même de Madame Borel pour qui une parole correcte n'était que la traduction correcte de la pensée en mots.

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Bien réfléchir à ce qu'on veut dire c'est important sans doute, mais être réceptif à ce qu'en pense l'interlocuteur et à ce que lui fait ce qu'on lui dit, l'est bien davantage encore. Il y a des exercices pour remettre à sa juste place cette priorité essentielle.  Quant au chant s’il permet d'éviter le bégaiement, c'est justement parce qu'il met l'interlocuteur à distance. Difficile d'interrompre quelqu'un qui chante!        Je vois que j'ai laissé sans réponse votre question sur les résultats actuels de la rééducation du bégaiement. Dans une statistique ancienne portant sur 36 sujets de plus de 14 ans, on a noté 21 guérisons complètes ; la personne déclarant ne plus être bègue et n'être plus trouvée bègue par personne.  Les sujets non guéris se disant en général quand même bien améliorés. Chez l'enfant de moins de 6 ans les guérisons complètes dépassent les 90%  Le traitement à cet âge passe par la guidance parentale : On montre aux parents comment réagir au moment des bégayages de l'enfant (en évitant le reproches, les moqueries, les conseils, la fausse indifférence) et comment faire baisser la pression temporelle éventuellement exercée sur lui. Si vous avez vu le très beau film Le discours du Roi, vous conviendrez qu'on a fait des progrès depuis l'époque de Georges VI

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FIN Média-tics Journées européennes du Patrimoine 2011

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