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Patrick PawlowSki Vous ProPoSe LA QUARANTAINE
Si l'on avait mis en quarantaine Tous les hommes de quarante ans
L'humanité en serait à peine Au Moyen Age et pour longtemps
Louis Pasteur n'aurait pas découvert Son vaccin à soixante-trois ans
L'avion de Clément Ader N'aurait jamais quitté la terre Il avait presque cinquante ans
Si l'on avait mis en quarantaine Les hommes de quarante ans passés
L'automobile de Monsieur Daimler Serait encore à inventer
Si l'on avait mis en quarantaine Tous les hommes de quarante ans
Il y aurait peut-être moins de problèmes Pour la jeunesse et pourtant
Victor Hugo n'aurait pas écrit Les Misérables à soixante ans
Et Pierre et Marie Curie Auraient fini tout juste à temps Un an plus tard, c'était trop tard.
Voltaire et Rousseau ainsi que Marx Seraient d'illustres inconnus
Si l'on avait mis en quarantaine Les hommes de quarante ans et plus
Aujourd'hui, l'on met en quarantaine Tous les hommes de quarante ans
Demandons jeune cadre en moyenne De vingt-cinq à trente-cinq ans
Mais avec une bonne expérience Et de la personnalité
De l'ambition, des références Avenir assuré, assuré pour quelques années.
Puisqu'ils ne seront qu'en quarantaine Qu'à quarante ans et pas avant
Ils auront le temps de prospecter Pour ne pas se retrouver sur le pavé.
Non, ne mettez plus en quarantaine Tous les hommes de quarante ans
Sous prétexte que la vie moderne Vous fait un homme à dix-sept ans
Souvenez-vous à quarante-trois ans un certain JF.Kennedy Etait un tout jeune Président, alors à mon avis,
Il faudrait leur laisser le temps Ils ont encore du sang dans les veines
Qu'ils vous le donnent et puis après Vous pourrez nous mettre en quarantaine Vous n'aurez rien à regretter.
EN FRANCE, UN EMPLOYEUR SUR DEUX DECLARE NE PAS VOULOIR EMBAUCHER UNE PERSONNE DE PLUS DE 50 ANS … … même s’il éprouve des difficultés à recruter !
patrick.pawlowski@hotmail.fr Source : Philippe Clay La quarantaine Paroles: H.Djian. Musique: D.Faure 1971 © BMG Music France
La question de l’emploi des séniors, c’est-à-dire des travailleurs âgés de 55 à 64 ans, est cruciale pour le maintien de notre niveau de vie actuel. Faute de conserver – ou de faire revenir - dans l’emploi la majorité de ces séniors, notre pays ne pourra pas financer les retraites à la hauteur des promesses et il ne pourra garantir aux autres une progression de leurs revenus.
La manière dont a été traitée jusqu’à une période récente cette question de l’emploi des séniors est un révélateur. C’est une espèce de filtre grossissant des erreurs commises trop longtemps dans notre pays sur le front de l’emploi.
Elle est d’abord révélatrice, cette manière, de notre malthusianisme : durant les années 1980 et 1990, les gouvernements successifs ont cru voir dans la mise au rencart de travailleurs encore dans la force de l’âge un moyen de faire baisser les taux de chômage. De leur côté, les entreprises se sont débarrassées de leurs salariés les moins jeunes – et donc les plus coûteux, dans le système français - en faisant financer par la collectivité d’innombrables pré-retraites. Résultat : non seulement notre pays s’est privé d’une force de travail que la pyramide démographique rendait indispensable, mais nos systèmes de financement des retraites sont désormais menacés d’implosion.
Elle est révélatrice aussi des effets pervers d’un système de protection sociale qui a longtemps favorisé le maintien en place des inclus au détriment des exclus : la fameuse « contribution Delalande », qui punissait d’amende les employeurs licenciant des séniors, loin de protéger ces derniers, s’est retournée contre l’ensemble du groupe d’âge : un sénior tombé hors de l’emploi n’avait pratiquement plus aucune chance de retrouver un CDI, tant l’employeur redoutait de se voir appliquer la fameuse « contribution » en cas de licenciement.
Elle est révélatrice encore d’une forme d’aveuglement national qui nous a fait trop longtemps croire que nous pourrions évoluer impunément à rebours de nos partenaires européens : est-ce un hasard si, avec un taux d’emploi des séniors de 36 % en France – contre 68 % en Suède, 60 % au Danemark et 55 % au Royaume-Uni -, notre pays se révèle être aussi plus endetté et moins performant sur le plan commercial, que la moyenne des autres membres du club ?
Elle est révélatrice enfin de nos hypocrisies. En retardant de facto l’âge du départ en retraite – ouvrant droit à une pension complète – nos gouvernants ont prétendu inciter les séniors à travailler le plus tard possible – sans se préoccuper du fait que le marché du travail leur était fermé dans la réalité des faits.
Sous la pression de l’Union européenne, une Conférence nationale pour l’emploi des séniors a eu lieu en 2006. Un certain nombre de dispositions y ont été adoptées. Suffiront-elles à permettre aux séniors de venir à bout de la discrimination face à l’emploi dont ils ont été trop longtemps victimes dans notre pays ? SOURCE : http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/grain/fiche.php?diffusion_id=48322
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